Halte aux expulsions, halte au climat raciste et antizigane!
L’Allemagne et les autres pays de l’Union Européenne ne sont nullement lesgardiens de la démocratie et des droits de l’homme comme les politiciens de tousbords ont l’habitude de le dire dans leurs discours dominicaux.L’Allemagne expulse, elle expulse même vers les pays dans lesquels les réfugiésseront confrontés à la misère et à la violence, ainsi qu’ aux discriminations racistes etpolitiques, à la torture et parfois même à la peine de mort. Un exemple ?
- Ces dernières années L’Allemagne a expulsé des milliers de Roms vers le Kosovo.Là-bas ils vivent dans des camps, souvent ils n’ont pas accès aux soins médicaux,sont déscriminés par une population ethnique majoritaire raciste. Les camps desRoms se trouvent parfois sur des décheteries ou sur des terrains contaminés. Quitterces emplacements n’est pas toujours sans risques pour les Roms.Cette pratique des retours est pour deux raisons particulièrement cynique.D’abord en raison du passé national-socialiste. L’Allemagne nazie est responsablede la mort de 500000 Roms qui périrent dans les camps de concentration.Deuxièmement en raison du rôle peu glorieux joué par les pays de l’OTAN dans laguerre des Balkans. En 1999 pendant la guerre du Kosovo l’UCK parti conservateuret autoritaire est mis en place au pouvoir par l’OTAN. A partir de là la situation desRoms au Kosovo se détériore. Enfin le gouvernement Kosovarsigne sous la pression de l’Allemagne un traité sur la politique de retour qui l’engageà accueillir les anciens réfugiés.
- Il en va de même avec la Syrie avec laquelle le gouvernement Allemand asigné aussi un traité sur la politique de retour. Bien que l’Allemagne condamneofficiellement la violence du régime Syrien contre la population, il y a eu 2011 60demandes de retours forcés vers la Syrie de sa part, 10 personnes au moins ontdéjà été expulsées, certaines d’entre elles ont depuis disparues dans les prisonstristement célèbres.
- Depuis 1997 les autorités allemandes ont décrété le renvoi de 3043 réfugiésIraniens en Iran, 19 ont été expulsés vers des « pays tiers sûrs ». Dans certains casles expulsés iraniens ont été à leur retour lapidés ou exécutés.
La pratique des rapatriements forcés est en contradiction évidente avec l’article 19de la charte des droits fondamentaux de l’union européenne, laquelle dit que nul nepeut être expulsé vers un Etat où il existe un risque qu’il soit soumis à un traitementinhumain ou dégradant. Ce n’est pas un hasard si nous manifestons aujourd’hui àDüsseldorf : L’aéroport de Düsseldorf est l’un des plus grands d’Allemagne, (le plusimportant après Francfort). Des charters partent régulièrement de Düsseldorf avec àleur bords surtout des Roms en direction de la Serbie ou du Kosovo.
Pourtant les rapatriements forcés ne représentent qu’une petite partie du tordqu’on fait subir aux migrants : Car ce n’est qu’une minorité qui réussit à pénétrerla « forteresse Europe » La plupart des autres sont retenus aux frontières. Pourappliquer cette politique inhumaine l’Union Européenne a crée une Agenceeuropéenne (Frontex) chargée de la surveillance et de la sécurité aux frontièresextérieures des États membres de l’Union Européenne. Depuis 1980 on estimeà plus de 7000 le nombre de réfugiés morts aux frontières de l’Europe. Certainesestimations vont jusqu’ à 14000 morts. La plupart sont morts en voulant traverserla méditerranée en venant d’Afrique. Les patrouilles européennes renvoient lesbateaux sous menaces de violence en pleine mer. Ces morts ne sont pas victimes
d’accidents tragiques, mais bien victimes de crimes systématiques.
Hélas la pratique inhumaine des retours forcés et de la protection des frontières parl’Allemagne et l’Union Européenne n’est pas l’œuvre de racistes invétérés au seindes autorités frontalières. Hélas cette politique rencontre aussi l’approbation d’unepartie importante de la population allemande. Les préjugés racistes particulièrementà l’encontre des Roms sont encore répandus au sein de la population. Lessondages révèlent que 40% des interviewés considèrent la présence de roms dansleur quartier comme problématique.
Le racisme, surtout les préjugés contre les Sinti et Rom, est étroitementlié à la pression de performance et à la folie du travail. Soit on prétendque les immigré(e)s [ou migrants?] ne travaillent pas, soit on leurreproche de prendre le travail aux “Allemands”. Non seulement on leurattribue de cette manière en bloc des caractéristiques particulières quiseraient liées à leur “nature”, c’est à dire à leur gènes. On leur contesteaussi de pouvoir être autre chose qu’utile à l’économie allemande.
Nous exigeons :
- Des soins médicaux et des aides sociales pour tous les réfugiés
- L’hébergement des réfugiés dans des logements décents
- L’arrêt des expulsions
- L’ouvertures des frontières Eurpéennes.
